vêtement, histoire du

1. Présentation
vêtement, histoire du, ensemble des pièces d’habillement qui couvrent le corps humain pour le protéger et le parer. Le vêtement est avant tout le moyen élaboré par l’Homme pour se protéger des variations climatiques de la région dans laquelle il vit. Le vêtement dépend alors de la protection qu’on en attend, des matériaux disponibles et de la manière de les employer. Toutefois, l’existence du vêtement sous des climats chauds et peu variables révèle d’autres motivations liées à l’organisation de la société. On note ainsi des différences entre les sexes, les classes et les fonctions sociales (voir Uniformes militaires). Ces paramètres ont défini des traditions qui ont été plus ou moins conservées selon les régions du monde. Dans la civilisation occidentale, les traditions vestimentaires semblent avoir subi de profondes modifications au cours des siècles tandis que, dans les pays non occidentaux, elles ont parfois perduré, sans connaître de bouleversements profonds, jusqu’au XXe siècle.

2. Le vêtement dans l’Antiquité :1. En Égypte

Adapté au climat chaud et humide et au désir de propreté lié à l’exigence spirituelle de pureté, le costume égyptien était en lin. La pièce principale du vêtement masculin était la shenti, grand rectangle de tissu que l’on ceignait autour des reins et à laquelle s’ajouta vers 1500 av. J.-C. la calasiris, large tunique très fine retenue par une ceinture. Le soush était une sorte de grande cape qui s’enroulait autour de la taille avant de se draper sur les épaules. Les femmes étaient généralement vêtues d’un fourreau ajusté, enrichi de perles et recouvert, à partir de la XVIIIe dynastie, de draperies transparentes. La longueur des vêtements dépendait de la position sociale de l’individu.

2. En Crète

Le pagne porté par les hommes était presque identique à la shenti égyptienne tandis que le costume des Crétoises était sans doute unique dans les civilisations méditerranéennes. Les jupes à étage et resserrées en forme de cloche, ainsi que les corsets ajustés des femmes, faisaient preuve d’une sophistication et d’une structure sans équivalent dans le reste du monde antique.

3. En Mésopotamie

Les exemples les plus anciens du vêtement syrien et phénicien nous sont connus grâce à la sculpture de l’époque. Ils témoignent d’une évolution étroitement liée à celle du costume égyptien. Les hommes et les femmes portaient un grand morceau de tissu rectangulaire proche de la shenti à la décoration assez somptueuse. Il était enroulé autour du corps et noué au-dessus de l’épaule. Cette forme rectangulaire survécut pendant de nombreux siècles — constante vestimentaire à laquelle on ajoutait une encolure ou une ouverture pour le bras. Plus au nord, on constate l’existence de vêtements plus élaborés et plus ajustés, comportant une certaine ressemblance avec la calasiris. Ils étaient portés avec des capes et des tabliers enroulés autour de la taille. Hébreux, Assyriens et Babyloniens portaient une tenue longue, proche de la calasiris égyptienne, mais agrémentée de manches et portée avec de grandes capes. Ces vêtements avaient une apparence raide, avec des bords frangés, des pompons et des angles carrés ou arrondis. Il faut noter l’originalité du costume des prêtres de Babylone, fabriqué à partir d’un long triangle de tissu, et porté de telle façon que la bordure à franges était enroulée transversalement autour du corps, d’une manière qui rappelle les ziggourats à spirales de Babylone.

4. Les traditions mède et perse

Dans le monde méditerranéen, les premiers vêtements adaptés au climat froid firent leur apparition avec les invasions des Mèdes en 612 av. J.-C. et des Perses en 539 av. J.-C. Les Perses portaient des chausses ou pantalons avec une tunique ouverte maintenue à l’aide d’une ceinture. Ces vêtements, très ajustés, étaient portés par les hommes comme par les femmes et leur mode résista à l’influence des Mèdes, prédominante à cette époque. Les Mèdes portaient des robes longues, volumineuses, aux manches évasées. C’est en Perse qu’apparut pour la première fois le vêtement violet comme droit sacerdotal. La tenue du prêtre reflétait aussi les influences des peuples de Mésopotamie conquis par les Perses, notamment en ce qui concerne l’usage de coupes rectangulaires et d’angles à pompons. On doit également aux Perses le bonnet phrygien en feutre, souvent doté d’oreillettes. Ce chapeau apparut pour la dernière fois à la fin du XVIIIe siècle, porté par les révolutionnaires français.

5. En Grèce

Les premiers habitants de l’Asie Mineure occidentale et de la péninsule grecque portaient des chausses et des tuniques à manches, semblables au vêtement perse, indiquant ainsi leur appartenance à des climats plus rudes. Les vêtements extrêmement simples qui se développèrent aux origines de la civilisation grecque étaient faits de rectangles de laine, de lin, de coton et, après les contacts avec l’Asie, de soie. Les étoffes non cousues étaient de couleurs vives : bleu, violet, jaune, pourpre ou vert. Le costume grec classique était composé du chiton ou tunique courte ceinturée, faite d’un rectangle de tissu épinglé ou noué aux épaules, auquel on ajoutait une chlamyde, cape courte pliée ou épinglée à une épaule. En hiver, une cape plus grande, l’himation, était portée à la place de la chlamyde. Les femmes portaient le péplos, version féminine du chiton, ceinturé à la taille et tombant jusqu’aux chevilles.

6. À Rome

Le costume de la Rome antique se composait d’un simple pagne, le subligaculum, sur lequel on portait une toge. Sous l’Empire, les Romains superposaient deux tuniques, la subucula et la tunica exterior. La toge perdura comme vêtement de cérémonie jusqu’à la fin de l’Empire romain en Occident. Bien qu’étant l’équivalent de la chlamyde grecque ou de l’himation, la toge était beaucoup plus grande : c’était un morceau de tissu ovale en laine d’environ trois fois la taille de celui qui la portait. Elle était pliée une fois sur sa longueur de manière complexe. Outre la subucula et la tunica exterior, il existait une tunique sans manches, le colobium, et une autre, aux manches très larges, la dalmatique (qui subsiste dans les habits de cérémonie de l’Église chrétienne). Les femmes portaient sur le pagne et le strophium (ancêtre du soutien-gorge) une longue tunique qui s’orna de plus en plus au fil des siècles et à laquelle elles ajoutaient une stola ou étole drapée. Sous l’Empire romain, on adopta les chausses empruntées aux tribus d’Europe du Nord, portées (sauf à Rome même, où elles étaient interdites par la loi) par temps froid et comme élément de la tenue militaire. Les pantalons, forme vestimentaire venue d’Europe du Nord, furent aussi introduits à cette époque.

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